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Les femmes qui ont fait le tennis féminin

LADIES OPEN LAUSANNE

L’histoire du tennis féminin est peuplée de personnalités talentueuses, qui ont souvent dû se battre pour fouler les courts. Retour sur ces joueuses qui, depuis le début du 20e siècle, ont contribué à la reconnaissance du tennis féminin et ont inspiré quantité de jeunes talents.

Charlotte Cooper-Sterry, la première femme médaillée d’or olympique

À l’aube du 20e siècle, elles viennent tout juste d’être autorisées à concourir aux Jeux Olympiques, alors même que Pierre de Coubertin se montre encore et toujours hostile à leur participation. Aux Jeux de Paris, en 1900, les femmes ont désormais le droit de se présenter aux épreuves de golf et de tennis. Sur les courts de l’ile de Puteaux, une Britannique fait sensation : Charlotte Cooper. Non seulement, elle remporte la finale du double mixte au côté de Reginald Doherty, mais celle qu’on surnomme « Chattie » bat également la Française Hélène Prévost 6-1, 6-4 en finale du simple dames. Elle devient ainsi la toute première femme médaillée d’or olympique dans une épreuve individuelle.

Suzanne Lenglen, la première vedette du tennis féminin

En 1997, le stade de Roland-Garros lui rend honneur en baptisant son 2e plus grand court de son nom. Un juste retour des choses dans la mesure où Suzanne Lenglen a bel et bien été la première star internationale du tennis. À son palmarès s’inscrivent 241 titres et 181 victoires. Outre ses performances sportives et son style de jeu unique à l’époque, Suzanne Lenglen doit aussi sa renommée à son audace. Dans les années 20, elle troque corset et longue robe contre une jupe en soie plissée qui s’arrête au niveau des genoux. Bras et chevilles découvertes, celle que l’on surnomme « la Divine » marque définitivement les esprits. Après une carrière en amateur au cours de laquelle elle domine le tennis féminin, elle entreprend une tournée aux États-Unis en tant que professionnelle. Suzanne Lenglen voyage alors à bord d’un train privé avec un staff composé d’un masseur, d’une femme de chambre et d’un agent de presse. En véritable star, la joueuse attire les foules. Le « match du siècle » qui l’oppose en 1926 à la jeune Américaine Helen Wills à Cannes attire des milliers de spectateurs parmi lesquels on compte de nombreuses têtes couronnées. En 1938, elle est emportée par une leucémie. À ses funérailles assisteront notamment le roi de Suède et les Mousquetaires Lacoste, Brugnon et Borotra.

 

Althea Gibson, première femme noire à remporter un tournoi du Grand Chelem

C’est dans une Amérique marquée par la ségrégation raciale qu’Althea Gibson entame sa carrière de joueuse de tennis. En 1950, sous la férule d’Alice Marble, elle est invitée à l’US National, le futur US Open. Sous les injures racistes, elle est éliminée au second tour. Mais la jeune Althea n’en reste pas là. En 1956, elle est la première femme noire à remporter un titre du Grand Chelem à Roland-Garros. Outre les Internationaux de France, elle s’impose en 1957 à Wimbledon, faisant d’elle la première joueuse afro-américaine à triompher sur le gazon londonien. Elle remporte l’US National la même année. Gibson réitère le doublé Wimbledon-US National en 1958. En seulement 3 ans, de 1956 à 1958, Althea Gibson remporte ainsi 5 tournois en Grand Chelem, 11 en comptant les doubles. Malgré ses exploits, la tenniswoman est tombée dans l’oubli. En 1999, 43 ans après Althea Gibson, Serena Williams gagne le tournoi de Roland-Garros et rend hommage à cette pionnière du tennis. Et le 26 août 2019, lors de l’ouverture de l’US Open, une statue à son effigie est inaugurée à New York au Centre national de tennis Billie-Jean-King, devant le stade Arthur Ashe, premier joueur noir à avoir gagné un tournoi du Grand Chelem en 1968.

Billie Jean King, première femme à avoir battu un homme

 

« Aucune joueuse en activité ne pourrait jamais venir à bout d’un retraité » : tels sont les mots de Bobby Riggs, tennisman numéro 1 mondial dans les années 40 qui ne se lasse pas de dénigrer le tennis féminin. Mise au défi de le battre, l’Américaine Billie Jean King, la star incontestée des courts, remporte pourtant la victoire en 3 sets (6-4, 6-3, 6-3) lors de la « Bataille des Sexes », un match qui s’est joué le 20 septembre 1973 à Houston devant plus de 30 000 spectateurs et 50 millions de téléspectateurs à travers le monde. Un triomphe qui a pesé favorablement dans la reconnaissance du tennis féminin. Mais ce n’est pas le seul exploit de la joueuse américaine. Avec 129 titres dont 12 en Grand Chelem en simple, Billie Jean King est sans aucun doute la plus grande joueuse de tous les temps. L’Américaine a été 5 fois n°1 mondiale entre 66 et 74 et est restée dans le top 10 pendant 17 ans. Avec 6 victoires, elle partage avec Martina Navratilova le record de sacres à Wimbledon. Si son palmarès est impressionnant, Billie Jean King s’est aussi distinguée pour son engagement en faveur de l’égalité homme/femme et de la défense des droits LGBT.

Les sœurs Williams, des palmarès remarquables

Depuis plus de deux décennies, les sœurs Williams arpentent les courts de tennis du monde entier. Et elles imposent leur style. À elles deux, Venus et Serena cumulent 30 titres en simple et 14 titres en double, les sœurs jouant alors côte à côte. L’ainée a ainsi remporté 5 Wimbledon et 2 US Open et la cadette, 7 Open d’Australie, 3 Roland-Garros, 7 Wimbledon et 6 US Open. Elles ont également gagné plusieurs médailles d’or olympique. L’une et l’autre ont été n°1 mondiale, la première fois à seulement quelques mois d’intervalle en 2002, Venus ayant précédé Serena. Elles sont les premières joueuses noires à occuper cette place. Serena Williams s’est par ailleurs distinguée pour avoir décroché les 4 tournois du Grand Chelem à la suite sur deux années (2002-2003), un exploit inégalé depuis Steffi Graf. En 2001, Venus et Serena s’affrontent en finale de l’US Open ; c’est la première fois que deux sœurs se retrouvent ainsi en finale d’un tournoi du Grand Chelem. Les sœurs Williams se sont confrontées en tout 31 fois depuis 1998, des matchs toujours très attendus par le public.